Poésie surréaliste NotesMat15

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Manosque in bloom !

Le chagrin et le trou noir que les élus, les êtres en question, les sept jours en mai délivrent en hiatus ; un hiatus se risquant du côté ou sous le manteau de Notre-Dame, des montages novateurs, révolutionnaires même, de ce jour de la semaine, ce lundi qui vient épancher sa soif de violence ou au contraire sa soif de mansuétude, pour commencer. Et qui, de loin, mériterait bien autre chose que cette anarchie sous les mansardes, cette transaction mal bouclée, ces spéculations superposées pour imiter le vacarme du cosmos.

Mardi, mon cadavre livide que Manson, comme les marchands de thé Pennyroyal, entraîne dans sa perte : il en résulte la dévaluation de la monnaie noire sur le comptoir en ivoire, un mardi comme un jour comme un autre en se saoulant de mauvais vin dès que le monde barbare des émotions me laissera seul et tranquille.

Et puis mercredi comme la photosynthèse qui par des manœuvres secrètes et habiles devine ce qu’il va, ce jaune d’or très pâle, débiter comme âneries sur internet, fouillant toujours plus loin dans son passé nauséeux : mercredi matin et mercredi après-midi pour apprendre à dormir, à anesthésier la vieille douleur de vivre. Cette vieille douleur retrouvée dans l’unique manoir et mazoutée comme une anémone de mer, cette douleur comme le spectacle d’un pendu tandis que les autres sirotent leur thé au jasmin.

L’aigreur, le sentiment d’avoir rien fait de sa vie et qui s’infuse, et qui pénètre les narines, et qui ressemble à la peine ou à une angoisse quelconque.

Alors la violence pour innover comme un novateur un peu morbide mais révolutionnaire quand même, quand on n’a plus le souffle et qu’on rêve de noyades bien méritées, de se tailler les veines avec succès ou même que ces marchands de thé soient roués de coups avec tous ces personnages imaginaires, ces coursiers du spleen tarifé… Et descendre dans la rue ces corps gras et toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires comme ce café du Kenya, les descendre pour un dernier hommage à la noirceur avant de rentrer perplexe avec une énergie débordante (l’énergie de l’angoisse sale qui vous engage dans une conversation avec Satan) et en finir : toutes fins de vie devraient se finir dans une colère démentielle juste pour voir tous ses ennemis suffoquer et n’être plus que des cibles à abattre.

Jeudi, encore vivant malgré tout, on se refait une santé pour vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau réduite en poudre) jeudi pour maudire tout ce monde qui va sauter en l’air et ressortir le vieux scoop du lobe tuméfié de Kurt Cobain, sa dernière réincarnation.

Vendredi, en inventant d’une façon très pernicieuse mais très intelligente et en mélangeant le jeu, la rigolade et les excès, le jour des rizières souterraines.

Car samedi, alors que le riz froid de ces rizières tombe en poussière, la lueur du jour comme précipice avant la tombe, tout en continuant l’habituelle autodestruction comme ascèse quotidienne ; samedi : jour de semaine ignoré des ondes médiatiques, et, sous les saules pleureurs, il écrit sa destinée. Une écriture tremblante et écorchée vive à l’image de Kurt, devenue automatisée par tant d’injonctions littérairement écrasantes mais toujours aussi nécessaires.

Enfin dimanche, en sortant pour rôder au hasard, cherchant comment je pourrais mettre en pratique mes projets, une fin de semaine qui se termine dans la débandade la plus destructrice…

La semaine passée, la caméra continue de filmer, et les disques durs sauvegardant les phrases précédentes se retrouvent nus dans l’argile, sur un terrain balayé par la pluie ; et toujours cette anémone de mer qui, à la manière d’une araignée, sacrifie sa toile au plafond pour se perdre, enchevêtrée dans toutes ces voies lactées !

Pour faire monter l’arôme de ces gouttes de pluie sans tain, dans une auberge de jeunesse recommencer la semaine, abattu et classé parmi les vieilles lanternes au rythme syncopé qui rougissent comme d’autres jours de semaine imaginaire, réchauffant la nuit de nos larves jaunâtres d’orang-outan !