Poésie surréaliste NotesMat15

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London Calling.

Ton cœur au fond des bottes sur une île qu’on finira bien par retrouver un jour, et dans mes veines aucune guerre n’était déclaré pour toi. A moins que ce soit une simple guérilla dans les veines d’un circuit électrique en manque de puissance.

Mais ta force résidait dans ce London Calling des Clash, quand mon cœur au fond des bottes en avait fait du foin cynique ; à cet aura de lumière que tu relevais et que je relevais à tour de rôle, nous lui opposions la tristesse de l’armée des singes. Mais pour déroger aux convenances, dessinée sur le gravier comme des ongles sur un tableau noir, la représentation de ta robe flottant comme bannière pour cette île qui aimerait bien vivre une nuit bigrement agitée pour une fois, dans l’espace-temps restait immobile… Et leurs cœurs aussi au fond des bottes, ces chimpanzés, ces cobayes en manque de manière, te reconduisaient, refusant de valser avec toi tandis que je t’observais. Tandis qu’elle s’imprimait tranquillement la longue description des petites annonces amoureuses parues ce matin. Et parmi de vastes ténèbres, je ne jurais que par l’avilissement du corps et de l’esprit.

Préludes avant d’expirer enfin. Et le monde, leur monde que j’avais créé dans ma folie de mégalo, tentait d’éclore à nouveau mais sans succès… Mais ensemble, tu sais, on se contentait d’inventer de nouveaux univers, simplement parce que nos deux cœurs, par des travaux de cuir et de sciage trop compliqués pour qu’on les tolère, ne suffisaient pas à les faire revivre ; d’ailleurs, dans les cahiers des singes mercenaires, s’accumulaient ces tentatives écrites pour les imiter, ces univers que nous ne respections pas et paradoxalement nous demandions aux dieux déguisés pour l’occasion en bonimenteurs une nouvelle chance pour les ressusciter, tellement leur folie nous manquait.

Mais il y avait aussi, lorsque les navigateurs découvriraient cette île qu’on avait abandonné par trop de solitudes, trop de dangereuses distances entre nous, des amalgames de distances s’égarant du côté de ces fêtes déjantés, comme ce London Calling, comme ces écueils qui sont la seule et unique contrainte de l’endroit où vivent les vrais singes.