La fille de Corto Maltese, croisait et recroisait ses jambes et je m’abstenais à grande peine de regarder ce qu’elle offrait entre ses cuisses : Entre-temps… Brusquement, Et ensuite !
Dans mon récit, il y avait une cave avec une seule ouverture sur le monde extérieur. La Fosse Noire.
Et des barreaux qui empêchaient de s’échapper depuis cette ouverture. Elle ne laissait passer la lumière du jour que faiblement. Et au fond de la fosse noire l’obscurité.
Et toujours au fond un homme (était-ce vraiment un homme) qui travaillait la nuit sur je-ne-sais-quoi… Et dormait le jour, quand la neige tombait sur la ville. Sa fabrique, c’était la fosse noire.
Il était toujours là. Vautré sur un lit aux draps souillés, les clopes et la bouteille de Jack Daniels planquée dans un coin. Du vomi et du grunge sur le papier machine, et un bric-à-brac kafkaïen, alors seul maître des lieux…
Le Prince de Sang-Mêlé avait prospéré sur un monde en ruines laissant la fille de Corto Maltese m’entraîner dans sa danse. Commençant par de mystérieuses rhétoriques, le manuel des potions du Prince de Sang Mêlé pouvait bien sûr faire grésiller en Happy End ce monde qui décrochait ; si peu tangibles étaient ses histoires permettant de résoudre les rêveries de tous ces intrus qu’on voulait oublier ; des rêveries en wagons de luxe si communément admises parmi ces cercles littéraires qu’elles étaient en quelque sorte escamotées ou réduites en descriptions sur Pierre de Rosette…
Selon Tom Jedusor, la magie noire de l’opium en décuplait, en multipliait de la salubrité langoureuse par son désir de tout mettre en boîte, de ranger dans les rubriques interdites : ces archives manuscrites qui racontaient, au-delà de tous ces étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré, comment les créatures royales, les plus prévoyantes allaient emporter sur leur dos la fille de Corto Maltese !
