Année 2119.
A quelle heure la publication du prodigieux précis de médecine de Cornélius avait-elle été différé ? Etait-ce à cause de ces étranges phénomènes ?
Comment cela avait-il commencé ? Toutes ces questions polluaient le crâne de Burroughs lorsqu’il se souvint qu’un après-midi de printemps, dans la salle de classe à côté, les élèves ânonnaient leur latin en rêvant de se planquer dans les grandes rizières surnaturelles qu’il avait créé en imagination. Et tandis que Popeye picolait, lui dans l’évanescence de ce Portique Virtuel qui se désagrégeait, inventait des mondes positivement sans serpillière. Le long du corridor sombre de l’école, ses poux folâtraient, réanimant parfois un onomatopée digne d’une poésie de Charles Baudelaire ou d’Arthur Rimbaud.
Pourquoi Popeye détestait-il son petit chef qui était aussi barré que lui ? Pourquoi les premiers de la classe poussaient-ils à la consommation ? Burroughs s’appliquait à chasser ces questions de son esprit ; la pourpre romaine que portait cette lycéenne dissipée pouvait l’aider à combattre cette migraine, il en était convaincu ; mais puisqu’elle impérialement avait fait la bise à Popeye avant de chahuter avec ses copines, il se résolut à pourvoir un poste d’agent d’entretien, à vider les poubelles des sanitaires pour dames, et ainsi son imagination qui était loin d’être poussive, refaçonna les monstruosités de la scène politique de son époque.
Et intégralement échancrée dans sa robe de plumes noires, la lycéenne revenait le hanter puisqu’elle venait de l’au-delà, puisqu’elle avait favorisé l’arrivée au pouvoir de son étrange corporation ; et même si la plupart d’entre elles ne rêvaient que de mettre au point le lancement sur le marché mondial de la grande consommation de sa Burroughs Cora-Hummer 7, cette nymphette elle, ne désirait rien d’autre que de séduire Pluton en écrivant sur cet ordinateur révolutionnaire des poèmes ou des plans machiavéliques, d’étranges proses pour nourrir ces légendes urbaines incompréhensibles.
