Le goût du vrai chocolat mordait la poussière en nous cinglant de sa langue comme il nous cinglait avec le fouet, et à chaque fois qu’il trempait dans le café créole, ses souvenirs d’horizons yéménites paraissaient gonfler notre sac à dos.
Le goût du vrai chocolat venait de Belgébeuse, et était décrit dans l’étude inachevée du mathématicien Egon Willerbann, grand admirateur à ses heures du docteur Freud. Et ses discussions métaphysiques résultant de ce café créole ?
Elles semblaient illustrer une opinion tranchée sur la nature humaine, et elles apparaissaient par des symboles avant-coureurs qui circulaient en nous ; en humant d’un rythme monotone ses arômes qui venaient d’une lointaine galaxie, nous la trouvions suggestive la lumière de cette vieille lanterne qu’on apercevait des falaises d’Etretat et les faunes discutaient entre eux au sujet de notre retour.
Soudain, tristement mus par quelques danses fantasmatiques et leur voyage depuis le néant, les faunes qui correspondaient au feu du désir, à la liberté aussi, après avoir bu ce café, arrivaient sans mal à définir l’âge mental de Némésis. Les dents blanches, éclatantes des étoiles polaires ne pouvaient percer qu’à partir d’une iconographie que le goût de ce café en noir sidéral ou en or rose veillait à ne pas faire replonger dans les tumultes de notre vie lyonnaise.
