Aux mangas, on leur vendra tout un jeu de bateleurs qui ont cramé les câbles rompus pour décoder le monde dans lequel ils se trouvent : des programmes informatiques qui énumèrent tous leurs appels téléphoniques en les vérifiant par delà les chemins et les rivières encaissés.
Aux neuf planètes on fera tournoyer leur vie sous des averses de pluie gothique. Aux poètes maudits, on leur conseillera de jouer entre la force obscure du yin et le côté divin du yang.
Pour déchirer tous ces changements qui se produisent dans leur vie on la consignera leur féminité absente ; absente comme cette pacotille qui fait office de combiné téléphonique. Et de la pacotille, il y en a aussi, sous un soleil radieux d’Arizona, à prendre ou à laisser pour féconder peut-être, mystérieusement ou concrètement, le bonheur : peut-être induit par un grelottement de marquise précieuse et raffinée du côté du Yang, le côté des braises… le côté aussi des cendres, puisque aujourd’hui tu as réussis à alimenter un feu occulte sans parvenir à rassembler les prestidigitateurs qui n’ont qu’un goût de bretzel sur leur palais. Et qui nous confère une intelligence analogue à l’intelligence humaine et qui cherche à jaillir directement du sol ; pour un nouveau 11 septembre ou une autre épidémie on leur donnera suite à d’inévitables répressions de quoi rafistoler leur coeur brisé, cassé, toujours corrompu mais épuré cette fois et affranchi !
Afin de parvenir au point de non-perception et pour meubler le vide immense, on les représentera sur les murs de l’acropole ces hauts-fonds caillouteux et ces dionysiaques silhouettes qui meurent dans les flammes d’un feu ; on leur vantera les gestes d’un vieux film d’aventures avec ses péripéties maritimes et pour un happy end qui grésille dès le générique on leur infligera une sensation de brûlure acide et creuse mais comique.
En se compromettant jusqu’à très tard avec un clair de lune taoïste, on montera pour eux des spectacles de clowns, épicuriens comme des divinités, propres comme des sous neufs mais sans un brin de jugeote, et alors viendra le temps, de Saint Pétersbourg à la Ciotat, des saignées blanches qui embrasent ce clair de lune taoïste comme des massacres à la tronçonneuse !
