Il y avait neuf Cora-Hummers ; parmi ces mercenaires, Theodore Kaczynski avait toujours dans sa poche Les pierres du Ciel et Les pierres du Chili, deux bouquins que le fameux Unabomber appréciait d’analyser afin de parfaire la substance de ses divers comprimés dégageant d’étranges parfums. Ce n’était pas seulement le type qui avait inspiré Tyler Durden à Chuck Palahniuk dans Fight Club c’était un samouraï redoutable, le sombre monarque qui avait froidement abattu à l’aurore sur un comptoir d’ivoire sombre des animateurs télé ; et lorsque les bourdonnements de leur étrange machine commençaient à poindre, c’était le premier à se lever à l’aube.
Il y avait aussi Kaphrium dans le groupe qui, je me souviens, avait lancé un début de dialogues métaphysiques lorsqu’il parla de son livre de chevet, Les Criquets en fleurs. Et tandis que la timeline de leur énigmatique ordinateur relevait une liste de bourbier à éviter pour arriver à Flax, nécessaire pour que leurs sangliers de trait ne s’embourbent pas pendant cette traversée périlleuse, il appuya sur les touches CTRL X et aussitôt une page web s’ouvrit proposant un itinéraire plus sûr qu’il regarda attentivement. Et soudain le silence se fit à l’heure où religieusement ils buvaient du thé, cette précieuse denrée qu’ils avaient subtilisé à Pouif.
Le personnage suivant de la harde des Cora-Hummers, étudiait les passages des Reliques de la Mort qui traitaient des esclaves de l’Afrique Noire, ne les ayant vu que dans un feuilleton généré par la Burroughs Cora-Hummer 7, la plupart représentés par des hologrammes crapotant les vapeurs d’un encensoir dans une des meilleures scènes.
Cette année un des mercenaires avait crapahuté dans les montagnes afghanes pour convaincre Trisha Baga de remanier la licence d’exploitation de ce film que j’avais commencé de visionner ; dans l’une des scènes confirmant le talent certain de cette Vénus de Laussel on voyait sur l’écran des myriades de Vénus de Laussel courir dans une prairie, le corps nu et badigeonné de tatouages tribaux… finissant par une litanie qui n’en finissait pas, un zoom était effectué sur leur danse macabre une nuit de la Saint-Jean, en flash back des immensités sahariennes, sans pour autant définir un lieu précis, défilaient en images subliminales…
C’était pas la peine de sortir de Polytechnique pour savoir que cette projection cinématographique serait subtilement commentée dans les salles de la Sucrière parmi ces œuvres d’art contemporaines et les autres fantasmagories réservées au fondateur de Fight Club.
