Poésie surréaliste NotesMat15

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Les meurtrières du chapelier fou.

Comme si on était imbattable sur toutes ces mesures qui avaient peur de la grêle, de l’hiver éternel, de cette calotte glaciaire blanche comme une salle d’opération, elles s’aimaient entre elles ces meurtrières miroitant toutes ces choses pour aller droit dans le mur.

Et, alors que je tapais ces lignes, ces meurtrières, à l’aise, misaient sur la roulette russe, c’était tout ce qu’on pouvait tirer de ce froid morbide s’engouffrant sous la porte de ma chambre. 

C’était comme si ces meurtrières nous ordonnaient de les aimer malgré ce moment, brisé en mille éclats de voix dans ce miroir, où elles m’étaient apparues, au fin fond d’une immobilité glaciale, prisonnières de deux volets fermés permettant d’ouvrir sans la clé, sans serruriers, sur un monde silencieux.

Quatre vingt dix pour cent de leur matière spirituelle se moquait des Vénus de glace sur cette terre en train de fondre malgré tout ; et de plume souriant au chapelier fou d’Alice aux pays des merveilles en plume grillagée d’ombres brûlantes je réalisais alors que cet univers était complètement fou. Complètement en symbiose avec ces meurtrières toujours en relation avec nous.