Poésie surréaliste NotesMat15

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Est-ce que tu sens la chaleur de ce vieux soir d’été ?

J’étais un vieux soir d’été, sur cette île qu’on finira bien par retrouver un jour, j’étais à la fois ce refuge et son obscurité ; obscurité devenant une large péninsule quand tu pleurais en te masturbant. Une péninsule bouddhiste où s’ébattait chaudement le sang d’éden dans les veines des misérables pêcheurs, leurs crânes branchés sur un circuit électrique qui restera toujours en manque de puissance.

Mais leur force résidait dans la provocation et quand les bottes et les ombres des singes en avaient fini de faire du foin, ils glissaient sous la peinture de ces pavés installés à l’entrée des temples, dans cet aura de lumière prêchée par l’armée des singes. Un aura de lumière pour prier le saint sauveur qui ne venait pas… même à Knokke-le-Zoute !

Est-ce que tu pourras, mon vieux ami, de peur de te relever les nuits de pleines Lunes pour une fête avec les anges, les saints et Lucifer, fermer la porte et jeter la clé ? Cette clé qui, en tant qu’écrivain ou poète, ou en tant que poète et écrivain à tour de rôle, n’arrivant qu’à ouvrir les portes d’une personnalité résiliante (leur personnalité résiliante étant à la tête de toutes ces armées.)

Dessinée sur le gravier, pincée par des ongles stridents comme sur un tableau noir, elle nous était apparue cette assiette sacrée où brûlait la représentation flottante de leur monde limité à cette île, et qui n’était rien d’autre qu’une gardienne, à la fois amante et déesse, vêlant de douces nuits agitées…