Poésie surréaliste NotesMat15

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Les futurs zonards ou le baudelairien moonwalk.


Cahier d’écolier dégueulasse, océan horizontalement délimité par la pluie, j’avais été expulsé de ma classe de futurs zonards : j’étais hors-jeu en parcourant la scène cendreuse de Moon-Walk, en démystifiant les litanies de Charles Baudelaire ; j’étais aussi hors-jeu lorsque furtivement j’avais ouvert les cartons à l’entrée du grenier.

C’était le temps retrouvé : cet interminable jacassement entre les miroirs de bordel qui réfléchissaient le sommet de l’iceberg. Un iceberg que j’avais appâté à l’aide d’un hameçon particulièrement meurtrier pour surprendre mes assaillants, pour jouer dans la cours des grands en provoquant des esclandres sanglantes, et enfin pour apporter un nouveau élément déterminant sous le capot de ma Rolls Royce : des perceptions qui s’esclaffaient de n’appartenir à personne, de n’avoir aucune signification ; des perceptions liées comme des ligaments au baril de cognac qui s’étaient détachées du cou de mon Saint Bernard.

Au delà des litanies de Charles Baudelaire qu’on savait être de cartons comme les cartons de ce grenier où je les avais retrouvé, sur les cahiers d’écoliers sales, on pouvait découvrir d’autres romances qui malheureusement ne plaisaient à personne.

Ou bien les reflets de tous ces miroirs de bordel n’ajoutaient rien à son portrait narcissique de nacre éperdue, ou bien le carburateur Zénith de mon ancienne Rolls Royce n’avait pas l’intention de chauffer à des degrés providentiels pour faire naître tous les milles ans d’autres Moonwalk, j’en étais là dans mes réflexions. Quand soudain par surprise et surréalisme ma classe de futurs zonards m’apprît que je pouvais réintégrer leur école et ainsi user des kyrielles de feutres à tête de serpents afin de souligner les titres des différents recueils de Charles Baudelaire !