Poésie surréaliste NotesMat15

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Nuits d’orfèvres, univers foisonnants ou les fantômes du Shasta des neiges…

Elle avait commandé un chocolat chaud et l’univers servile s’étendait à nos pied, le ciel bleu folâtrant dans nos têtes, le Tzar toujours à la une des journaux comme rubrique mortuaire, et leurs nuits d’orfèvres toujours enchérissant le tout étaient saturés de tyroliens points d’exclamation enfiévrés.

Sous le porche de cette grande auberge de jeunesse donnant sur les cimes à conquérir et les wagonnets de charbon que le typhon avait dévasté, d’autres univers mataient, malgré tout en mordant la poussière des chambres du Yellow Submarine, les velléités de cet air pur des montagnes ; un air si pur, avec ses effluves farfouillant dans nos oreilles à la recherche d’un interlude post-romantique, qu’il séchait à peine au soleil, à cent lieues de s’imaginer repartir en digressions aléatoires… ou en coups de soleil à attraper les maladies photovoltaïques du Tzar et jusqu’à verdir nos quelques paroles inaudibles.

Et de ces paroles incompréhensibles on en avait par kyrielles, le serveur m’apportant une absinthe extravagante, de peur que les univers restants manquent à leur devoir de fidélité… et elle était sexuelle, elle était profonde cette fidélité mâchouillant un chewing-gum quand leurs étoiles outragées éclatèrent de colère !

Il y avait comme de la Voie lactée dans cette absinthe qui m’encourageait à donner tous mes Napoléons au guide de haute montagne, invité avec nous sur cette terrasse ensoleillé et nous promettant de monter jusqu’au Shasta des Neiges. Shasta qui devait nous hanter bien après des années lumières sans qu’on comprenne l’origine !