À Brisbane, j’étais journaliste d’investigation avec une mission à accomplir : retrouver Manson, comprendre pourquoi il s’était exilé et la nature de ses outrages ; je débarquais en cargo, un vaisseau comprenant toute la jeunesse de mon pays et suivais scrupuleusement le protocole : masque à mettre même quand on était seul, et je suivais aussi l’actualité pour décrire la basicité de ce marsupial mollusque, appelé Manson comme il avait été rangé dans une catégorie dangereuse pour l’homme ; à moins qu’il s’agisse d’un simple fossile, une enveloppe de chair et de sang pour ce chien-lézard ou bien encore…
Mais je me souvenais plus très bien ce que j’étais allé faire en cette Océanie, où les couchers de soleil étaient coupés dans le rhum paille ou décrits dans des quotidiens outillés sous THC. C’était fantastique, c’était authentique comme une belle application fissurant de toutes parts le Dark Web et allumant des brasiers jusqu’aux matrices informatiques les plus féroces, les plus sauvages. Et sauvage était aussi le corps de ce chien lézard qui gisait et qui ne voyait plus que de lourdes désunions virtuelles ainsi que tout le tsointsoin.
Avec mon équipe, nous repensions d’abord toute l’architecture d’une grande guerre, impératrice par sa génétique à moitié française à moitié anglaise ; et qu’il nous faudrait mener jusqu’au bout mais il y avait en toile négative, au fond de ce fond sans fond où reposait cette cité, des gens qu’il faudrait, par politesse, inviter à lire ce prodigieux précis de médecine.
