Tout a commencé par quelques pétales de lunes bleues tombant dans mon verre de vin blanc, je ne savais pas pourquoi j’étais là mais, je me souviens, pour me guider entre les pales de mes pensées, qu’il y avait cet espace vert ensoleillé où nous descendions les bouteilles d’alcool gaiement.
Tout en fumant le haschisch du vieux des montagnes afghanes, morbides étaient sans doute ces époques que nous traversions, un sapin de Noël décomposé dans le coin du salon. Pour qu’il s’éloigne au prétérit avec seulement des dommages pas vraiment irrémédiables…
Je ne savais pas pourquoi j’étais là. Je ne savais pas depuis combien de temps j’étais ici. Peut-être quelques secondes, ou quelques millénaires peu importe ; tant qu’il y aura des lunes bleues taillées dans l’extase synchrone et les suçons de bleuets alors l’attente ne paraîtra pas longue, l’éternité pas vraiment une affaire de cœur…
Et du cœur j’en avais quand on jouait aux cartes, ces cartes du Munchkin annonçant la maldonne : alors plein aux as mais sans le sou j’amorçai un printemps comblé par d’austères programmes informatiques. L’informatique, cette plaie, cette goule, cette cascade d’absinthe qui avait malgré tout le ventre vide !
