Le goût du marasquin de Neptune se passait de descriptions.
Le ciel allait encore se tirer.
La mémoire était vaste.
La mémoire était partout.
J’étais là, devant toi.
Pour te parler d’avenir.
Et de mantra venant d’ailleurs.
Elle fut secouée d’un toussotement étouffé et humide, lorsque, pour les réjouissances, Neptune braillait. Il m’évoquait cet astre le souvenir des cueillettes de marasques pleines d’eau, les apologies d’une chienne toute niquée par un chien.
Notre appartement était en train de se fissurer, peut-être à cause de la mansuétude de Neptune, et les moisissures mangeaient les insectes, peut-être à cause de cet aperçu ouvert sur l’ordinateur qui s’ajustait avec tous ces faisceaux crépusculaires tombant sur nous de façon optimale. L’hymne de Neptune s’obtenait en calomniant les hérétiques, leurs feux chatouillaient les corps aplatis, mis en pièce des types perdus à chaque fois que des abrutis de musiciens se pointaient chez nous pour nous jouer un requiem. J’aurais juré que cet aperçu les aidait à abdiquer. Mais en vain.
Le marasquin paraissait un peu terne, son arôme que les branches des arbres morts mettaient sensiblement mal à l’aise, était semblable à la force herculéenne du Minotaure. Et de cette planète on n’entendrait plus parler.
