Poésie surréaliste NotesMat15

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Un Mur de marbre blanc

Elle devait émerger au troisième millénaire d’un mur de marbre blanc, comme cette étoile en virée pour du tapage nocturne et bien urbain, cette rêverie que je rêvais secrètement de rosser à mort pour penser aux si belles, si moches choses ; tôt devant mon café, admirant le Vésuve ou les détails de sa nuisette je lisais en elle des mythologies évanescentes et des fantasmagories égyptiennes…

Me perdant dans le creux des arbres noueux ou cherchant toutes les abominations métaphoriques ou réelles qu’on pouvait puiser de leur halo mystérieux, j’étais en train de fumer formant des ronds stylisés de sorcières alchimiques qui priaient, envoûtaient d’autres rêveurs privés de violence et de hurlement, de coups, de déchirement, de cris, de baise.

Et si un quatrième Reich, par le commerce et la vente de cyborgs, tournait à l’aigre alors immédiatement je le savais, même si au fond il ne pouvait régner qu’à l’angle de la rue Caspienne et du boulevard Borges, comme sculpté à même ce mur ; ce mur envié de Wall Street que les traders, le teint cireux, les yeux luisants, associaient aux constructions antiques, aux architectures spirituelles communiquant directement les discours de Socrate, Platon ou Aristote…

Tout en continuant d’extirper sur la Toile ce qu’elle jugeait nécessaire pour son projet actuel, c’est à dire de suicidaires levées de fond, la conscience de ce mur décrivait minutieusement le fonctionnement d’inventions inouïes qui n’étaient pas réservées aux pleutres ; cependant maintes fois assignées aux strass des programmations cinématographiques ses affiches n’avaient été collées que virtuellement. Des barbelés interdisaient l’accès et le mur, pour analyser par la suite les sculptures en marbre aux bras tendus vers un lustre écrasé au sol, émettait alors un signal télépathique et redevenait ainsi aussi noir que les doigts de calcaires des victimes hallucinées ayant tenté son assaut.