Sur les grands chemins, elles avaient semé des larves de reptile en mutation, des délires rocailleux léchés par des flammes voltigeantes… Et, avec une lumière au front pour éclairer leur pensée latérale, elles avaient décidément du chien, ces strip-teaseuses vulgaires mais malgré tout éblouissantes… et elles en avaient fait vriller des ronds stylisés de sorcières alchimiques, ces danseuses de Saint-Louis : le vide des voyelles d’Arthur Rimbaud qu’on pouvait aussi puiser de ces glapissements de sapins verts tandis que nous roulions en wagon…
À bord, des mondes surréalistes mais aussi dans les terriers où se succédaient les humeurs photographiques, à l’ouest de cette forêt d’où nous apercevions une plate-forme de lancement comme Cap Kennedy… et à l’est des États-Unis où nous nous dirigions en train… peut-être pour New-York, peut-être pour montrer nos vers, nos alexandrins à quelques pieds-noirs qui venaient des pentes et des bois. Et comme enlacées à cette peau de crocodile qu’elles avaient revêtu ces danseuses de Saint-Louis, elles s’étaient agglomérées aux jours de sabbat des nuits de pleine lune, mais il y avait maldonne.
Maldonne d’abord, au Sud et au Nord, pour les chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, ces nymphettes que les zigzags imaginaires et métaphysiques des torrents fiers avaient descendu froidement. Maldonne pour ces cieux élargis par la pureté de leurs pupilles qui tentaient de réconcilier les deux pôles, maldonne enfin pour ces ombres délimitées par leurs flammes nostalgiques, leurs silhouettes de craie et de fusain prenant leurs pieds alors que le monde de la pluie comme cette rêverie rêvait secrètement de les rosser à mort !
