La soupe aux choux pendant que Beth dormait encore, en reflétait bien des ombres qui restaient couchées sur le lit étant délimitées par la pluie ; le savant breuvage, par delà les vallées, entraînait des alpages noirs de craie et de surprises synthétiques dans sa chute… des intrus qu’on voulait oublier. La soupe aux choux annihilait la lumière de la chambre qui par petits paquets de rayons, paraissait enamourée d’un suçotement de bleuet nostalgique…
La soupe aux choux bouillonnait comme sa silhouette de craie et de fusain plongeant en s’immobilisant en bas. Peut-être était-elle métamorphosée par ces quelques pétales de ciel blanc arraché, qui la guidaient à travers les dédales, les cosmos ; et pour faire tomber quelques extraterrestres, ses grumeaux lui reconnaissaient un langage de plus en plus ironique.
Mais, ces souverains réchauffés non par le soleil vert ni par ses rayons au gaz comme le butane mais par la languissante chaleur de cette soupe paysanne, allaient sonner le glas de sa vitalité effervescente… Et, en rogne dans le tombeau sacré de leur Vallée, ces roitelets éprouvaient des émotions pourtant contradictoires : un mélange miraculeusement évanoui quand la conscience spirituelle de ce potage profanait leur tombe.
Nous avions roulé toute la nuit dans une Renault Scenic de troisième zone, en pensant que la soupe aux choux allait observer une révolution tout comme le ciel rouge de Bangkok ou comme un jour de nef basse ; et bien trop lessivés dans cette guimbarde supersonique s’étant arrêté en haut d’un gratte-ciel surhumain, nous écoutions l’autoradio qui passait en boucle la soupe aux choux et qui, même par l’intermédiaire de nos pensées les plus folles, n’avait aucune sympathie pour eux : ces rires décantés de jeunes filles prenant leur pied, et que j’estimais être au plus au niveau dépassant la simple télépathie, les nobles idées révolutionnaires des hussards informatiques…
