Le thé des poètes comme une lumière tremblotante, la lumière de ce monde en silicone noir. Sa préparation à la manière des moines zen avait été jetée aux oubliettes.
De vastes étendues d’eau saline pour qu’il puisse s’infuser et, comme l’océan pacifique qui réussit tout ce qu’il entreprend, il avait l’arôme de l’éternité, des drames vibrant comme les cordes d’un violoncelle…
Chaque jour son esprit flottait par delà l’est et l’ouest sans remarquer que le nord et le sud, en symbiose à présent, étaient en parfaite santé ; et pour nourrir leur corps de géants occidentalisés, l’attentionnée nonne bouddhiste captait des messages provenant de l’espace… et qui nous parvenait après avoir bu une tasse du thé des poètes !
Était-il noir, bleu, vert, blanc ou mauve ce thé que le capteur télépathique du moteur des inventions pas encore inventées ne parvenait à dissimuler ? Nous ne le savions pas mais nous acceptions ce qui ne pouvait changer. Dans toutes nos décisions, avec la même lenteur que le thé des poètes s’infusant, notre cerveau enregistrait la liste mnémotechnique, en grand deuil, de ces cours boursiers bouturant les printemps… et les cueillettes de ces feuilles de thé, adulées par tous les poètes !
