J’avais écrit des pages
Dont je ne me souvenais pas
Je ferrai aux mors des grandes rivières des lamentations
Les lamentations de ces nénuphars qui ne pouvaient s’endormir
Que sous les grands arbres
Et quand les braises dans l’âtre satinaient ce que les grands arbres confiaient, leurs nuits, leurs grands secrets
Me donnaient la force de survivre et même d’exister et l’ombre qu’ils apportaient aux ombres
M’aidait ; et je pensais à l’arbre d’Anne Frank
À l’arbre qu’à ma naissance mon père avait planté
Et je me sentais prêt à tout revivre
Les grandes douleurs où sans doute on aime à se perdre
Comme les moments magiques de l’existence
Que j’entrevois, même malade, même sans mémoire
La force, les pays des bateaux perdus, et tout le reste qui se recueille
Juste un moment avant de reprendre la route.
