Poésie surréaliste NotesMat15

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Bouquet de nerfs

Ce bouquet de nerfs que je venais d’apercevoir en quittant une application était irréprochable par l’aperçu de ses grands chemins et il y avait comme une altitude ou une attitude rouge et fumeuse qui planait sur leurs ombres délimitées par la pluie… et la liste rouge téléphonique qu’ils contenaient m’avait absorbé dans des contemplations psychédéliques…

Sur les grands chemins il y avait aussi, à l’approche de minuit, l’asphalte bleue enrubannant ces hommes pendus têtes-bêches à l’entrée de la demeure de Satan. Eux-aussi jadis lancés dans cette quête effrénée : ce bouquet de nerfs, ce Graal sacré qui harassait, dès le néolithique, leurs consciences et leurs idées grunge !

La mésentente de ces chemins et leurs Théologies du Feu perçant au-dessus de la surface avaient survécu aux massacres du tsar tout comme l’ordinateur Burroughs Cora-Hummer 7 sur lequel je pianotais ; celui ci produisait dans l’inconscient des générations à venir de vagabondes luxures que je devais ranimer par la braise de leur bûcher ; et la fumée de leur cigarette
roulait, dans du papier de vers, des versets, tous précisément espacés par le rythme des bourdonnements déconcertants de la machine chaque fois qu’un projet était déclenché.

Par quels procédés s’étaient-ils laissé abusé ? Avaient-ils été séduits par le plus parfait des Théologiens du Feu ? Ce bouquet de nerfs avait-il été enfanté dans la partie la plus inférieure des limbes infernales ? Et pourquoi les grands chemins avaient-ils été conçu selon le modèle du Shining Project ? Brûlant sans jamais manquer de combustibles, tout était organisé autour du Feu et comme bercés par la chaleur humide qui régne en son antre, ces deux fous, ces deux sbires de Satan avaient modifié le goût du métal pour calmer la douleur, ouvrir ainsi l’application Twitter, et rechercher dans les entrailles de leurs victimes l’odeur rouge, mélancolique qu’elle exhale, cette souffrance virtuelle… Sur leur carnet était dessinée au fusain sa représentation.