Les fils d’Artaud, conjointement liés par l’ADN que les épidémies ravivent, mais sans bagage génétique, avaient été décongelé ; de leur long sommeil, codant et prélevant des neuroleptiques, ils avaient rêvé de bête à poil.
Comme ce mollusque de chien-lézard qui collait son museau gluant et télescopique sur les vitraux d’une église. Pour les fils d’Artaud, c’était du pareil au même de toute façon : leur impropriété rapiéçait l’un d’eux tandis que leur propriété, un misérable marais de Louisiane, imprégnait par ses exhalaisons toutes leurs matrices binaires filant à l’anglaise…
Et même générait aussi un parfum fétide s’échappant de leur orifice dépourvu de dents ; parfum régénérant malgré tout ou son équivalent choyant depuis la chair des baobabs qu’ils s’efforçaient de cultiver.
Puis il y eut maldonne, maldonne quand l’irréaliste rafraîchissement de leurs kyrielles de pages Web aux profits juteux pourtant ne corrélait plus l’air du soir… causant des phlébites parmi ces constructeurs de rêves idéaux en les remplaçant par d’autres cauchemars qu’ils ne réussissaient pas à volatiliser.
Dans l’atmosphère aussi, les éprouvantes unicités du pastel de ces cieux aveuglants et menaçants, ridiculisaient tous leurs efforts à s’en échapper ; et rien ne bougeait là-dehors, sinon la cavalcade d’une harde de chiens lézards que leur horde aidait à s’émanciper… et peu après être revenu des champs de ruines de Mandeville, déstructurée, entourée de caméras, de perches, de projecteurs ou de ces architectures spirituelles, la conscience des Artisans d’Artaud infectait avec son vers mutant ce monde enveloppé d’un autre monde ! Car, après avoir courtisé l’éprouvante unicité du pastel qui aimait les complaintes de ces chiens errants se perdant dans le lointain flou, cette contamination se déplaçait en même temps et dans le même cadre spatio-temporel que leurs récits écrits dans le goudron brûlant de la rue.
Après leur disparition, on pouvait entendre une mélodie étouffée. Elle se déplaçait sur la même fréquence que leurs fantasmes ; et tandis qu’ils jouaient aux osselets, les règnes des apparences lisses vinrent imposer à leur pays (leur univers ?) une dictature que seul le Bouddha pourrait dénoncer ; et ainsi leurs erreurs de jeunesse, leurs fondations spirituelles du même format que les halos épatés des néons qu’ils mêlaient à la vivacité du pastel, les conduisaient à se terrer dans une sexualité emmaillotée dans le laurier-rose… A l’aube s’écroulaient d’autres royaumes de chiffons que leurs histoires de fantômes choisissaient comme itinéraire, non sans avoir détroussé tous les transporteurs empêchant cette réalisation !
