Poésie surréaliste NotesMat15

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L’ébouriffant pouvoir de l’électricité…

L’ébouriffant pouvoir de cette électricité, aussi obscur que royal ? « Ne trouvant qu’un leitmotiv reliant cette question à sa réponse, j’étais un fil qui chantait des informations contradictoires et sans m’arrêter je parcourais la distance entre deux poteaux télégraphiques. J’étais un fil et je ne devais surtout pas me distendre. » Comme ces domiciles célestes, comme ces plantes héliotropes qui vantaient des mortifications à l’air insalubre pour s’imprégner de l’ambiance, comme ces pendules condamnées à perpétuité pour avoir accéléré l’arrivée de Guillaume le Conquérant, comme ces perchistes qui récupéraient l’infortune de sa sombre puissance.

Puisé dans la tête d’un dessinateur de BD, le mystère de ces atomes électriques s’épanouissait lorsque la drogue insalubre, qu’on devinait appartenir à cette nouvelle vague d’aventuriers venant des tréfonds du moyen-âge, commença à lui insuffler de la vie : à Bangkok on se demandait si ce mystère qui chamboulait tout était à l’origine de ces illustrations grouillantes de gnomes qu’il portait au dos (un dos taché de ces lunules électriques qu’on voyait s’abattre sur le marché flottant de Bangkok) et ce côté un peu enfantin de dessiner cette sorte d’esquisses prônait maintes mortifications qui n’étaient pas sans rappeler le lieu maléfique où elles étaient nées. Un endroit idéal à visiter qui n’existait et ne s’affirmait que dans l’imagination d’un authentique travail de sape kafkaïen…

Et kafkaïennne était aussi cette desciption que l’ébouriffant pouvoir de l’électricité avait fait sauter comme une coiffe en fourrure, qui jadis flottait sur le crâne luisant de Guillaume le Conquérant. Cette mystérieuse force que le roi puisait dans les sources de ces coteaux les plus bizarroïdes ? Un nouveau style de vie thaïlandais, entretenu par Hugo Pratt et entreprenant, dans l’espoir de découvrir cette sorte de mélodie révolutionnaire, l’ardeur inhumaine de se coucher entre les lignes de toutes les pages des manuscrits : n’était-ce qu’un prétexte ou une lubbie sous l’influence du LSD ?

Ne trouvant qu’un leitmotiv reliant cette question à sa réponse qui en fait n’existait pas, j’enflammai les draps de Corto Maltese en noir sidéral ou en or rose pour en faire des vignettes, ou pour récolter dans les encyclopédies tout ce qui alors se transformait en phlébites phénoménales.