Poésie surréaliste NotesMat15

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La noirceur des enfants et leur Joker

Des enfants fouillaient les poubelles, alors venait en détails se décrire la couleur pastel du joker que le peintre Rembrandt, en usant et en transformant les ombres de cette Ronde de Nuit, avait caché de la vue de ces prestidigitateurs… à la recherche d’une potentielle survie avec le joker ils partageaient le même cerveau et surtout ce qui avait rouillé au fond.

Il passait en boucle en son for intérieur, un désir violent d’émeutes, de perditions sans faim ni fin… et les enfants restaient assis en tailleur comme des demeurés, ils avaient été humilié par l’un de ces privilégiés blancs, occidentaux, cultivés et soumis à l’heure où la nuit est la plus froide, et ça ne leur faisait ni chaud ni froid.

Leur noirceur était tombée en désuétude après bien des mises à jour de littératures russes, de niveaux de conscience huppée et privilégiée mais ça ne servait à rien de dénoncer tout le cynisme de leurs discours, ça ne servait à rien ces tonnes d’insecticides de se distiller en poésies, des poèmes en veux-tu en voilà pour apprendre à les éduquer, ces gros porcs bourgeois qui n’avaient qu’une calculatrice à la place du cœur, leur néant…. leur noirceur intime les discernant entre tous, parmi ses tatouages de salamandres et le résultat de leur folie meurtrière : la conspiration de ce monde en silicone noir que quiconque aurait rêvé de posséder ! Et, alors qu’ils étaient en contemplation devant les corps pendus au-dessus du vide qu’ils avaient eux même créé en exploitant les autres : ce système avec ses vis et ces séries de vis pour enfermer quoi ? Seul leur dictateur le savait, comme au temps où il était harnaché sur ce vide, cet as de la vacuité, du cynisme le plus pur, le plus dégueulasse qu’on pouvait voir à la télé, avec ses milliards d’incultes, de beuh et de bœufs surannés que j’entendais mugir…

Leur déchéance la plus propre, sans aucune prétention scientifique, sociale, ou économique pour ce monde déjà mort, tout ça en écoutant bien à fond Dive de l’album Insecticide que même les six-cent-soixante-six scarifications sur son corps ne paraissaient pas apaiser, comme les reliques d’un temps à la fois outragé mais aussi sanctifié dans les coulisses de ses stand-up ; car pendant ses stand-up il y avait toujours au fond de la salle les yeux verts et dorés, reptiliens de ce pendu avec ses pulsions mécaniques qu’on lui avait greffé, pissant sa dose de houblon sur les crânes des chimpanzés extraterrestres, les autres cobayes enfermés avec moi ; il continuait malgré tout à me toiser de haut, fier de ses diplômes et de la petite vie de merde qu’il avait créé, ce macchabée qui n’était autre que la représentation de ce système implacable, générant automatiquement son cynisme de son propre cynisme, mais il parait que ça vaut la peine de se battre.
« Se battre dans ses couloirs labyrinthiques et tête-bêche avec les gouffres revient à fêter l’avénement du vide » lui avais-je répondu lorsqu’il m’avait demandé comment je trouvais la mienne de vie. J’étais passé à tabac la nuit d’avant près du canal, les éboueurs m’avaient récupéré et je m’étais retrouvé ici, dans ce marasme dont les usages semblaient occultes.

Usages occultes qui en avaient fait saigner bien des saisons maudites sans spectateurs à l’intérieur de sa boite crânienne.