Écoute, je vais te raconter mon rêve : nous volions sur les ailes d’un couple de jars, le ciel se violaçaient d’une lueur crépusculaire, sûrement le résultat de leurs péchés. Nous avions en notre possession les oeufs du monstre dans nos sacs. Ces œufs qui avaient tant sommeillé jusqu’à fermenter et patiemment nous attendions la funeste Éclosion qui donnerait naissance à la morbide Saison Rouge. Comme les deux seules personnes qui savaient que ça devait finir par ça, que même le début n’avait été créé que dans ce sens.
Comme une opacité saccadée, ou comme une intrigante pensée, ce couple de jars avait des ailes immenses : des ailes de métal en vue d’un possible thriller, des ailes que le mental avait fait descendre jusqu’aux rues blanches dématiéralisées de San Francisco et les crachats hypnotiques fusaient ; par le soupirail d’une vieille maison, avait été revendiqué le programme informatique de notre Cora-Hummer 7 en amortissant notre atterrissage et le décapant jaune d’oeuf du monstre en question le confortait tant dans ses prises de position qu’il parvint au point de non-retour !
Mais aussi ce programme conçu pour alimenter son monstre à la Saison Rouge parvint au point de non-perception et je rêvais toujours : je rêvais d’illuminer ces percées informatiques sublimées de génération en génération qu’il étendait en secouant sa crinière incendiaire.
Alors, à l’entrée des greniers, s’interrompît son idée innovante, s’hypertrophia sa gageure ensorcelée ; idée innovante mais inconsciente, ensorcellement qui sapait les fondements humanistes, les sillons mécaniques mais qui finit par croupir en time capsule ; time capsule qui, en s’effondrant comme des morceaux de banquise, désassembla tout le réseau alors qu’elle résidait, cette idée, inondée par des émissions huileuses, au fond du Rio Negro des planètes inconnues.
