Poésie surréaliste NotesMat15

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La tasse de thé couleur Gulf Stream

Dans la tasse de thé, un nuage de lait roucoulait de toute sa noblesse qu’une enveloppe pleine de photos en noir et blanc affirmait qu’elle était de la lignée du Gulf Stream.
L’humeur du thé noir avait fait jaillir des fumées douces aux mouvements semblables à cette demoiselle qui me tendit une tasse et ainsi son arôme rapidement récupéré par la couleur des guerres sensuelles, générées par des vols de silex, s’autosuggestionnait et autosuggestionnait nos discussions ; des internautes planqués dans les chat-rooms vantaient la qualité de sa théine, suspectible de nous réanimer, un tissu de flanelle sur nos lèvres au bout du petit matin !

La version polaire ou russe de ce thé anglais ? Sa lignée, toujours de haut rang, avait permis de croiser le machisme des grands aristocrates russes et des planisphères soviétiques, avec la mésomorphose des esquimaux assortissant toutes les jumeaux et toutes les jumelles des déesses ultra-sophistiquées ! Et la cérémonie du thé pouvait ainsi commencer, et comme le libre arbitre des cueilleurs robotiques des plantations de thé, au coeur du crépuscule flottant, ou comme un blues d’automne froid ou comme une longue nage indienne, il y avait à chaque gorgée, je m’en souviens, le silence prométhéen et cette optimisation du goût qui, crescendo, espaçait et épongeait les anomalies qu’une infusion aurait pu égréner soit en rejoignant une sagesse ancienne soit en jetant la confusion.