Poésie surréaliste NotesMat15

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Printemps poétique

Il n’y avait plus de printemps poétique dans ce monde commercialisé jusqu’au fond des terres et menant au soleil vert, ni davantage de voyages morphéiques, plus de musique rimbaldienne et, foin de ces brouettées de spleen baudelairien, ni assez de théories haussmanniennes pour arrêter cette telle infortune !

Et pourquoi alors un tel désastre ? La première de cette question trempait avec les toasts des entrepreneurs, dans leur café, qui ne voulait pas s’avouer vaincu et qui dessinait la séduisante composition spirituelle du monde amphibien d’Aristote…

La deuxième réponse manquait à l’appel, mais, si on retraçait l’histoire privée des divagations cosmiques ou épicuriennes d’Arthur Rimbaud, dans la hutte, on avait alors ce sentiment si simple, si proche de la folie que les multinationales de l’automobile, leurs milliards de dollars récupérés par un immortel et petit ordinateur noir appartenant à l’un de ses fervents partisans, contenaient par leur essence spirituelle, aussi secrète qu’une centaine de dédicaces de Johnny Hallyday, le dieu des bistrots comme le PMU de vos quartiers populaires, des failles permettant d’ouvrir sur un nouveau monde.

Cet endroit transpirant la mélancolie les accueillait par sa force psychique : c’était un lieu sûr, formulé par des dédicaces scannées de tous les chanteurs défunts, où, moyennant finance par PayPal, les mères de famille, surtout des ménagères de cinquante à soixante ans, obtenaient une idée claire des objectifs punk-alternatifs de cet être en gestation (le lieu même.)