L’empire se serait contenté d’un reste de chocolat chaud qui aurait repeint les murs, les tristes murs, et du nettoyant pour vitres aurait recouvert l’atmosphère grenue de la planète Starbucks qui l’aurait épaulé avec l’aide de son armée ; nous, nous serions d’ailleurs compté parmi ses soldats, enrôlés d’office mais nous n’enverrions par télépathie au prince des poètes que des pensées douloureuses, extradées afin de nous acharner sur les fantastiques ombres qui se feraient la belle à notre passage…
Et les salles du jeu de paume de cet astre pourront s’ennuyer sans nous, nous n’aurons en solde que quelques sentiments empruntant leur air grunge à la plasticité cérébrale de ces lieux et de leurs longs corridors ; alors la consigne sera donné et cette plasticité qui, parmi les ombres, mordra la poussière en traînant à sa suite les serpentins de leurs braies et les lambeaux des cordes de leur violoncelle… ainsi, automatiquement, avec des gestes presque trop hâtifs, tu enlèveras aussi ta braie et ta cotte de mailles, elle-aussi en lambeaux, et tu te cacheras, ventre à terre lors de la rosée universelle, sous la voie ferrée… mais es-tu sûre que tu pourras engranger, dans ton sommeil, les ossatures de cette vieille voie ferrée ?
Et tandis que d’autres algorithmes déformeront la noirceur de tous les graphismes maléfiques appartenant à l’empire, nous estimeront à leur juste valeur les empereurs à venir et les conquistadors d’un genre nouveau.
L’empire se contentera de salir notre mémoire et l’argent par comparaison qu’il en résultera s’évanouira comme des poignées de riz psychédélique jetées dans un océan trop salé, ou dans un marécage bouffé par des lucioles et des libellules lactescentes et ce reste de chocolat chaud qui aurait repeint les murs, les tristes murs, finira par se déliter…
Chaque jour l’esprit du thé des poètes dont la préparation à la manière des moines mystiques sera jetée aux oubliettes, flottera par delà l’est et l’ouest sans remarquer que le nord et le sud, en symbiose à présent, seront désormais en parfaite santé !
