Je t’offrirais un collier tressé d’apesanteur noire et te ferais valser sur les comptoirs d’ivoire où étincèlent les métrages perdus des petites grands-mères malingres, à moins que nous soyons perdus entre deux époques. J’arracherai le poil rosâtre, sauvage des forêts sibériennes pour convoquer parmi les derniers survivants la science parfaite de ton étrange taoïsme et lasse des grands chemins que nous aurons parcouru tu humera le parfum de ces oreilles coupées, puis jetées aux oubliettes excentriques pour enfin languir comme il se doit.
Je ferais fonctionner les moteurs de nos antiques bécanes qui jettent leurs poudres noires dans ces mêmes oubliettes, et les martyres des céphalées industrielles en noir sidéral ou en or rose veilleront sur nous, elles s’adapteront rapidement à nos révolutions que la sombre chaîne de l’ADN planquée dans le chat-room des iPhones ne peut suivre qu’à la télé : sur l’écran de longs travellings d’autoroutes incendiées et, tandis qu’elles accompliront d’autres invraisemblables révoltes, tu seras ma reine qui cinglera tout ça avec ton fouet et la cravache.
Alors l’âge mental de Némésis sera défini, il sera brûlant et se distendra toujours davantage, comme les dents blanches éclatantes des étoiles polaires, comme la langue des horizons yéménites… ou comme les pupilles du Serpent Nagini !
