Je voulais partir à la recherche de la nuit verte de l’Alaska qui n’avait pas cinq ans devant elle et qui semblait sur le point de sombrer avec ses mercenaires. Avec leur Kalachnikov ces guerriers de la route, prêts à en découdre avec mon humeur massacrante, m’avaient indiqué la position du Magic Bus ; ce Van qui tanguait et qui avait pour but de tromper l’ennemi !
Ce van résonnant – le summum de la liberté – avec l’absence énigmatique de ces fantômes, et qui avait été abandonné en pleine nature… pour gribouiller un montant compensatoire monétaire de la main d’un Gobelin à la main crasseuse d’un troll, d’un zonard, pour rendre contagieux aussi les torticolis par leur fantasmagorie et enfanter des tortues pour repeupler l’Alaska ; à moins que les guerriers de la route, dans leur ultime manifeste, puissent me livrer le secret du roi du pétrole tandis que des précipitations Acides, pour débaucher les marchands de dauphins mutilés, rendaient la terre de mes ancêtres stérile…
Cela générait beaucoup d’argent de farfadets et ce pélerinage jusqu’aux villages montagneux les plus reculés de l’Alaska leur permettait d’ériger une doctrine qu’ils s’en allaient énoncer à la population d’En Haut : une authentique révolution spirituelle, cette unique quête à sillonner les altitudes !
Tombé à la page trois du Manifeste, on voyait des échographies de pédoncule qui surchauffait suite à cette anomalie embryonnaire, des dessins archaïques de fraisier, avec une inquiétante précision la subtile représentation d’une empreinte de dinosaure et d’ichtyosaures partant pour un stage pédagogique ; et en tout quand on le lisait de bout en bout – cette lecture scandaleuse – la plupart de nous avait cette fièvre psychédélique à chahuter dans les cabarets, à peaufiner leur technique pour obtenir plus de butin, et ainsi à se frotter dans de grosses raclées pour les pleurs d’une sibilante, mais c’était généralement juste de la tôle froissée et on se réconciliait devant un billard pour assembler nos pensées sages d’humanoïdes !
Au milieu du chaos, commençant par de mystérieuses rhétoriques, les autres pages du livre avaient été vivement arrachées, ce qui semblait dénoter un certain mépris pour les écrits, du moins quand ils relevaient de cette absurde corvée à obtenir un diplôme… Et pour en faire des cocottes en papier, il fallait se permettre de les brûler avec les derniers billets de banque qui me restaient.
