Poésie surréaliste NotesMat15

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Le souffle haletant du voleur en cavale

La ville de Cuzco jouissait d’une étendue de terrain où l’on pouvait aller plus loin dans les idées et je l’emmenais claudiquer dans ses rivières ; un système de fils partiellement électriques et partiellement organiques, rassemblait la conscience de ces nuits de pleine lune qu’on pouvait admirer depuis les plus hautes terrasses de cette cité… Et nous végétions dans sa sciure, dans cette poussière de pneu crevé, dans ces lambeaux de drapeau noir, les larmes et la terreur pour célébrer d’autres rivières qui, en ruisselant alphabétiquement, siphonnaient ce silence feutré et dense.

La conscience de ces nuits de pleine lune, désormais improductive, on repoussait nos limites jusqu’à ce que Cuzco connaisse à nouveau un âge d’or, se muant en mousson asiatique ou en terre meuble. En lançant une restauration fantasmagorique dans une coupe de sycomore, langoureusement ses rivières avaient alors le souffle haletant du voleur en cavale…