Sur le lit, entre deux chapitres, un gnome qui a fiabilisé le cours de ces pièces de monnaie napoléonienne que nous avons dépensé pour prendre le train et retrouver notre chez-nous.
Sur la table du bureau, les reliques encore de cette drôle de monnaie et que les Églises Fantastiques empoussièrent, exécrant notre époque. Au-dessus du tableau qui emmêle les angles, la représentation fantomatique de leur bible nous apprenant comment cet argent de farfadet est arrivé dans nos poches. Dans le porte-monnaie, un document inédit, en papier bâclé, qui nous explique pourquoi ces pièces sont encore acceptées dans ce pays aussi absurde qu’imaginaire. Sur la chaise, les chaînes retenant la Bête que je soupçonne m’avoir refilé ces deniers, mais sont-elles brisées vraiment ces chaînes que j’ai examiné attentivement toute la nuit ?
À la fenêtre, l’odeur d’essence de cette station déserte, ouverte pourtant vingt quatre heures sur vingt quatre, l’essence de ce gnome se répandant sur le sol de sa caverne comme une flaque noire et harcelée de mouches menaçantes !
