Le voyage en montgolfière s’abstenait de tout commentaires, notamment sur le transport des armes qui était loin d’absoudre les lois, la morale nous reconnaissant comme des chiens. Des chiens presque monogames, qui rongeaient les os à la place des moignons que Burroughs rêvait d’amputer.
Et ce n’était pas pour la mocheté de l’élément Bois, que nous désirions posséder afin de s’en servir comme combustible pour la montgolfière, que la liste de nos fantasmes paraissait sans fin. C’était pour s’acquitter de ces montres unidirectionnelles qui rendaient fous les chevaux en tournant à l’envers (mais était-ce bien des chevaux) ou c’était sûrement pour abréger leur vie, leurs moutonnements d’étoiles auxquels, nous les chiens, nous étions englobés malgré tout.
Et leurs mors coupaient, par ici et par là comme un couteau fort aiguisé, le souffle vaniteux de la montgolfière. La géographie des mers septentrionales aussi que nous survolions, avec dans nos malles, d’affreux sycophantes aux cris plus puissants que leur envoûtant charabia. Charabia nous assurant que nous étions bien des chiens, des chiens du désert qui se regroupaient déjà devant les monuments disparus ou en ruine, à l’atterrissage de notre montgolfière.
Le monde avait tant connu de grandes guerres pendant notre voyage interminable en montgolfière qu’il ne restait plus grand chose, parmi ces paysages apocalyptiques… enfin c’est ce que j’expliquais à Cassandre, affalée sur la banquette d’une limousine qu’on avait retrouvé au fond d’une mare dont la coloration, elle, nous expliquait, à la manière d’Ariane, comment concevoir le propre labyrinthe de son rêve.
