Poésie surréaliste NotesMat15

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Ne décroche pas le téléphone !

Nos vies antérieures, comme le parti pris des choses de Francis Ponge, avaient crapahuté le long de l’échine de ce ciel qui était noir. Noir comme le saccage de ses sensations saccadées, mais il me semblait qu’on pouvait quand même distinguer, Là Haut, des calligraphies à l’encre chancelante ; j’avais fumé l’herbe du diable et d’autres vies antérieures m’invitaient à décrire des paysages américains selon le modèle de ce bizarre dessin de crapauds humanoïdes que j’avais trouvé dans une bibliothèque, un jour de pluie.
Ce dessin était accompagné d’un texte assez court décrivant leur transformation robotique, car ils venaient du Futur, ces êtres difformes et ils avaient cramé – un brasier sacré – la fin de leur histoire. Et le lait de leurs seins atrophiés permettait d’alimenter toute une taupinière !
Des faisceaux crépusculaires en altéraient la sagacité mais le ciel prenait le relai et l’allaitait à son tour ; j’ai alors pensé qu’ils s’accordaient malgré tout assez bien : une sorte de symbiose malfaisante qui vous saignait en pus noirâtre les oreilles quand vous décrochiez le téléphone !