Poésie surréaliste NotesMat15

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Les larmes noires des corbeaux

Des prédicateurs (ce ne sont que des corbeaux aux larmes noires tombant sur des dalles blanches en marbre) et des poulies, toutes enchevêtrées entre elles, qui se précipitent bien plus bas que ce gouffre qu’ils surplombent : des histoires blêmes qu’un échiquier doit à l’homme en noir
Pour confisquer les nuits revêches et les régénérer. Mais n’accroitre que leurs centres, au centre de l’échiquier à mesure que notre enveloppe charnelle disparaît, est tout aussi subjectif !
accuser nos silences de crever la panse, dans une vapeur ou une brume de troisième zone où seuls encore les méridiens des clowns épeiches demeurent semés au vent, revient à les représenter par des points lumineux sur les écrans

En chiens de faïence, les méandres du Sahara Occidental ne voulaient pas entendre parler de notre nouvel loi interstellaire, de nos affiches rouges et noirs où l’on retrouve les amants souffrant de la morsure du froid et… de nos posters de Burroughs le Seigneur des ténèbres, dans le bureau. N’accroitre la force de leurs tours et de leurs fous sur l’échiquier, avait écrit cet énigmatique homme en noir un jour de pluie diluvienne, n’éveillerait qu’à minuit zéro les vieilles carcasses de bagnoles dans la décharge, dont les phares illuminent le plasma que les tuyauteries de l’étrange échiquier ont vomi
Des tréteaux ont été dressés le long de ses immenses cases noires ou blanches qui sont presque entièrement inondées
après qu’on eut bouffé les loups, les bergeries et les berges traînant ici depuis quelques mois.

Que la partie commence, murmura l’homme en noir. Il va me falloir être vigilant dans mes choix. Mais pour cela, je me fais confiance. Je me trompe très rarement, conclut-il en lui-même avec un petit air sarcastique.