Poésie surréaliste NotesMat15

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Larmes d’absinthe et Veillées d’armes

D’après les monologues de cette désaxée, connue comme grande impératrice du maléfique culte aujourd’hui disparu, les essences et les substances dans ses yeux gouttaient comme des larmes d’absinthe. Et le jaune de ses yeux crocodiliens gouttait comme le sang répandu par des scies circulaires, comme le sang coagulé d’Alphonse Choplif !

Je ne savais plus trop où je me trouvais, je ne savais plus trop comment je m’étais retrouvé près la grande impératrice. Mais il me semblait qu’il y avait toujours un espoir, une pâle lueur ; en effet, dans la cheminée, il y avait encore des cendres qui se rebiffaient ; les cendres de ces zonards qui n’avaient pas respecté les doses de ces potions permettant de se transformer en êtres prestidigitateurs. Désormais les scies synchronisées avec la chaleur des tropiques s’approchant de la fournaise et du festin nu de Burroughs, coloraient ses paumettes d’une noirceur optimiste ; ces scies circulaires, servant servilement aux opérations meurtrières de Choplif, le fondateur absurde de leur mouvement et même de leur parti politique, avaient l’intime conviction qu’ils allaient enfin clamser et disparaître pour toujours, les instruments chirurgicaux cachés dans la poche de sa fourrure d’hermine ; ils furent définitivement démystifiés après leur disparition et on découvrit que leur lourd sommeil – ce sommeil apparenté aux bourdonnantes flaques de sang, syllabait et calibrait des cylindres oniriques, étrangement extravagants : un genre de rouleaux en bois d’où la métrique des pianos sur parchemins solaires vérifiait par sa stupeur prismatique et sophistiquée les appels manqués de la veille…