Poésie surréaliste NotesMat15

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L’origine de tous les souvenirs

Elle avait des veines violettes et serait à l’origine de tous les souvenirs. En terre et comme terreau, on ne les discernait pas dans leur brume évanescente sans courir le risque d’ulcérer le pianiste de l’auberge de jeunesse et jeter la confusion mais c’était un point de départ exploitable ; et puis elle partit en guerre contre cette équation âpre qui ne savait que faire et qui effacerait, c’était écrit dans la bible des moissonneuses-batteuses, ces souvenirs. Des souvenirs qu’on qualifierait d’inorganiques, puisqu’ils représentaient ce que l’humanité, à une ou deux exceptions près, avait choisi d’oublier.

Des souvenirs qui, dans leurs sommeils, écroulaient les colonnes corinthiennes de la terrasse de cette grande auberge, après avoir été requinqués par des boissons polaires fortifiantes…
Des souvenirs qui plaisantaient avec cette reine perchée, et qui révolutionnaient les jeux d’échecs ou la prose de tous ses bouquins
Des souvenirs qui, en les remémorant, limitaient la casse et occupaient tout l’espace pour démontrer qu’ils n’avaient aucune parenté avec les livres de Lucky Pierre…
Des souvenirs qui jaillissaient des fontaines de mezcal tandis que j’éteignais toutes les lampes de cette auberge de jeunesse, d’où partaient de parfaites volutes bleues, parfumées à l’Ethernet !