La mousson verte dessinait dans ses flaques des moûts incas qu’on avait fait bouillir dans de grandes écuelles conçues à la base pour crevasser les mélancolies maussades.
Observant depuis la fenêtre de notre van des jardins botaniques qu’on aurait pu confondre avec des kibboutz, on se remémorait nos marches nuptiales, nos veillées d’armes et nos milles tragédies de malandrins. On avait amené avec nous la bible des moûts spirituels, écrite peut-être par l’un de nous deux lors d’une enfance affectivement brûlante. Et nos os s’élargissaient après la fin de cette mousson, nous étions alors mobilisés pour faire souffrir des enfants, les naïades sans couronne, les rigoles des petites ruelles où l’on voyait des genres de navires, de vaisseaux spatiaux chavirés. Quel étrange pays !
Déchargeant leurs cargaisons – des transactions d’Hélicéennes – dans les ports de toutes ces nations en guerre, ils venaient tout juste de couvrir leurs mâts quand nous eûmes l’audace de les rejoindre, avec pour consigne, de conclure un nouveau marché. Un marché dont l’orientation professionnelle consistait à échanger l’évanescence arctique des moûts spirituels contre un peu d’Hélicéenne. La négociation s’annonçait rude. Cette nuit allait être aussi expressive que l’orageux polymorphisme gisant au fond de nos moûts aztèques.
Dehors, à l’avant de ces bateaux de commerce, il y avait les crépuscules de l’est pour croître
et les polarisations du nord prêtes à nous lapider ; à l’aube au fond de nos yeux, le goût de naphtaline de nos moûts
Partit goutter ailleurs…
La mousson clignait toujours des yeux
sur les amants et par hasard à notre passage.
