Poésie surréaliste NotesMat15

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Le clown du Mont Sinaï !

Un clown grimace sous mon évier. Pour moi, le soir tombe toujours douloureusement mais pour lui c’est pire qu’une torture digne d’un névropathe. Cependant je continue – ou plutôt j’essaie – de formater virtuellement ce moment où la drôle d’hostie va se fendiller sous le palais de cet homme à tête de caïman.

Je formate aussi des films d’amateur placés à fond perdu comme la vergue mobile d’un Trafalgar, des films que le clown sous mon évier, entre cynisme et noirceur, attribue aux grand-mères décrépites, ou à leurs amants portant tous comme couvre-chef des crânes de bestiaux. Ces mêmes crânes que les enfants et sbires de la grande prêtresse ont voué à l’oubli éternel.

Puis sans atteindre l’âge de la croissance, j’imagine pour toute cette peuplade soumise aux vices les plus incertains de formidables et incroyables Floride, et la grande prêtresse vêtue d’un simple négligé les confond avec l’éclipse d’un soleil de minuit presque blanc et comme frangé de noir et je me réveille soudain, tout ça en écoutant bien à fond Dive de l’album Insecticide que je passe en boucle en mon for intérieur. Alors, pour lever un bras ou une jambe, je pense qu’il me faudra une énergie énorme, et le clown à tête de caïman se met à gueuler qu’on devrait à nouveau fabriquer ces étranges hosties, pour vraiment toucher le fond et tout ce qu’on est habilité à entrevoir…

Les fluides s’entrelacent, l’énergie vient
Du ciel, de la terre, l’énergie vient du simple fait d’exister
Regarde comme nous étions beaux
Vivants, dinguant et trébuchant…