Poésie surréaliste NotesMat15

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Le marivaudage de la carte du maraudeur.

Alors que la nuit m’arrête, se mélange pour préparer à l’avance et à la chaîne la coloration verte de ces yeux de serpents, une Dunhill face à l’océan tumultueux ; et pour couper court à sa temporalité un « champ de force invisible » exhala, en un éclair, le parfum de Flaubert et de Dickens ; ce parfum loin de la mer rouge marivaudant dans le marécage des esprits. Et, avant d’hiverner, on devait s’occuper de leur surpeuplement. 

Leur surpeuplement qui ne présageait qu’une guerre bien noire. Cette guerre qui n’en était plus une lorsque les couleurs des printemps s’affermirent ; certes les mercenaires avaient veillé toute la nuit pour finalement n’esquisser qu’un scénario de courts-métrages perdus sur un carnet de moleskine ou sur un bloc-notes mais rien n’était réel, rien ne pouvait rallumer leur ardeur à combattre. 

Cependant sur la première page, un dessinateur avait reproduit sur le papier griffonné à la hâte une serrure assortissant une lourde poignée… avec, des poinçons mélancoliquement superposés évoquant des instruments de chirurgie ; était dessinée aussi, avec le même souci de précision inquiétante la porte qui devait abriter l’antre d’un monstre difforme, viking marchant sur les eaux, comme ces anges aux ailes mécaniques.

Sur la deuxième page, un savant dimensionnait un plan représentant l’antarctique, où les grands phoques, le mardi-gras, venaient s’échouer ; ce plan alternait avec la carte du maraudeur recensant tous les lieux psychédéliques de toutes les victimes après l’attaque dévastatrice des hackers de la grande impératrice. Il y avait au centre de la carte du maraudeur une crypte nazaréenne qui s’était consumé suite à l’exploration d’un nécrologue ; et en bas des lignes, une représentation mentalement invraisemblable, placée à fond-perdu comme liste mnémotechnique pour un pacha nabab…

Sur la troisième page, j’avais fait défiler les lignes mais ce n’était que des futilités de journaliste généralisant tout et une voix doucereuse, celle d’Angela peut-être, m’avait murmuré que tout était bouclé : l’océan se calmait déjà et son tumulte hanté n’était plus qu’une histoire ancienne, la fin du carnet se concluait sur la cotation d’une monnaie universelle.