Poésie surréaliste NotesMat15

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Big Sur

Depuis longtemps elle avait renoncé à l’immobilité des spectres, étant entravée, puis amputée : Clara, laissant volontiers le territoire et dévalant les collines de Big Sur. Dans sa couveuse, d’orgueil et de feu, des œufs ultérieurement fécondés s’aggloméraient à la moiteur torride des plaques de neige du dehors ; partout on ne jurait que vengeance, que punition, les héritiers des Flynn les surveillant tous de près. Mais ils savaient mourir, leurs univers cassant les lois de la gravité avec de grands coups cosmiques, sûr c’était déjà la veille du jour chrono-sensuel du D-Day.
Et qui, d’Aristote jusque dans la trachée, la tranchée, était pareil à du cristal s’obstinant à devenir du quartz et, attentive pour ressentir la douleur alors que nous étions en train de pourrir parmi les joncs, son hérédité des Flynn vola la vedette à la seule colline imprenable de Big Sur. (Où il y avait plutôt un climat chaud, tropical.) Et nous avions élu domicile là-haut car ses plantes et ses herbes nous permettaient de passer fastueusement à la fabrication de l’Hélicéenne. Fabriquée évidemment par des malandrins écrivant uniquement en sanskrit. Dans le train pris de vertige carnavalesque, ils rencontrèrent de plantureuses garçonnes qui traînèrent au tribunal leurs descendants.
Les spectres, leurs spectres se pomponnaient et pomponnaient leurs arbres généalogiques ! Clara elle-aussi couvait leurs débris, les débris de l’université de Kiev, dans un lieu souterrain où il y avait un tripot qui électrisait tous les joueurs…