Poésie surréaliste NotesMat15

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Le territoire et l’immobilité des spectres

Le territoire et l’immobilité des spectres dévalant les collines de Big Sur, s’aggloméraient à la moiteur torride des plaques de neige ; c’était la veille du jour chrono-sensuel du D-Day. Attentive pour ressentir la douleur alors que nous étions en train de pourrir parmi les joncs, la seule colline imprenable de Big Sur avait plutôt un climat chaud, tropical. Et nous avions élu domicile là-haut car ses plantes et ses herbes nous permettaient de passer fastueusement à la fabrication de l’Hélicéenne.
Le territoire et l’immobilité des spectres se pomponnaient lorsque le combiné du téléphone énumérait leurs détails métaphysiques pointant tous en sauts quantiques ! Alors, alors seulement je les incinérais et ils ne laissèrent, la vie n’étant pas la peine d’être vécue, qu’une flaque bouillonnante où de petits insectes se goinfraient de fils électriques partiellement organiques et partiellement télépathiques.
Le territoire et l’immobilité des spectres, comme la fin de leur mouvement que des outils pour chimpanzés avaient créé, s’étaient rendu spontanément même s’ils ne craignaient pas nos représailles. Et malgré cet ensemble de lois compliquées à l’extrême que nous avions mis en place pour les restreindre et qu’ils se gardaient de contester, leurs meutes de loups dressés pour le combat n’osaient pas intervenir. Seulement de temps en temps pour saboter la structure de nos fantassins mobiles, ils unifiaient leurs forces et bousillaient nos cultures de mezcal. Ce même mezcal, qui comme une sale coïncidence, s’accommodait des jours de fêtes ajournant l’époque des ruines, notre époque se référant prodigieusement aux temps apocalyptiques !