Poésie surréaliste NotesMat15

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Le photographe

Je photographiais l’âme et la simultanéité des mouettes, leurs discussions métaphysiques qu’un amas affligeant et frémissant de corps rendait encore plus vrai. Je photographiais les précieux X, leurs watergangs qui se précipitaient toujours jusqu’aux tréfonds les plus ténébreux. Je photographiais les noyades qui baignaient souvent au fond des cafés créoles, et qui concurrençaient avec les phrases énigmatiques, les pages maculées du liquide amniotique des fûts, les rivières se félicitant de les retrouver dans les tréfonds ténébreux.
Je photographiais aussi ces quatre hautes tours yéménites dont les terrasses et les vergers s’effondrèrent sous nos yeux. Pas la peine de décrire le désarroi de ces gens de très hautes altitudes qui les avaient construit. Mais des nénuphars, dont la croissance avait aussi fécondé Belgébeuse, donnèrent naissance, parmi les ruines, aux couleurs des braises ; ces braises, comme d’incandescentes étoiles en virée pour du tapage nocturne et bien urbain, que je photographiais également. Et leur Valhalla avant-coureur, quand les portes de l’au-delà s’ouvrirent, la raison me fit perdre. Leur Walhalla fayotant avec cette rêverie photographique que je rêvais secrètement de rosser à mort…