Poésie surréaliste NotesMat15

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Dans les écumes d’un Moyen-Âge médiéval.

« Un jour, j’en ai eu assez. Assez de chercher la vacuité puisque je la portais en moi. Assez des gens peu drôles. Assez de ce que j’écrivais aussi. Alors, j’ai tout arrêté. J’ai fini la bouteille de vodka et j’ai regardé la nuit. Dans le ciel, il n’y avait que des étoiles noires… »

L’ordre réservait bien des surprises. L’Ordre ne décolorait pas contre le malandrin qui l’avait enfanté et qui rêvait de cette fantasmagorique tournée aux pays des gens ; cette tournée que nous avions débuté en déclinant toutes les propositions indécentes de ces palaces aux voûtes d’un bleu vénitien ; l’ordre se déchaînait pour colorer en rouge sang ou en blanc pâle et lunaire ou en vert alpin la séminale des extracteurs qu’on ne voyait que dans les palaces.

L’Ordre avait élu domicile dans la déconcertante poche amniotique d’une mère porteuse, un lieu céleste et secret où chaque représentant de notre communauté d’aliéné avait son poste, ses coutumes et aussi ce charisme digne du chef du Projet Chaos. Alors que l’ordre se résignait à tomber dans le vide. L’Ordre avait des ailes de mangoustes mécaniques que je me gardais de dimensionner n’étant pas sûr d’en venir à bout, la savante alchimie aussi de cette machine sophistiquée qui me permettait de rêver, et même le bagout des négociateurs venus d’une petite planète, aujourd’hui disparue. Les partisans de l’ordre pavoisaient alors qu’ils n’étaient en fin de compte que des embryons pour des nichées de romanciers, pour de fantasmagoriques contes de fées. 

La pièce où je me trouvais était une salle souterraine secrètement éclairée par de jeunes filles, tenant toutes une chandelle brûlante et qui avaient vraiment du chien. Dehors de pauvres maraudeurs pataugeaient dans la boue glacée et même si on avait fêté Noël dans un asile d’aliénés, nous restions le point névralgique, l’omniscience de tous ces agitateurs, tous respectés par l’Ordre, car nous étions, malgré l’avis des psychiatres, des Précogs… Des Précogs qui dispensaient l’enseignement largement autobiographique, virtuelle de notre Prêtresse disjonctant comme nous.

Et pour disperser les ambres parfums d’une jadis soirée meurtrière, on emparquait les troupeaux de mangoustes et plus on regardait nos bêtes de somme, plus notre imagination s’enflammait, si bien que des idées bizarres commencèrent à nous préoccuper. Elles n’étaient en fin de compte que des conceptualisations emmagasinées dans notre cerveau pour insuffler un peu de vie à notre existence fugace mais mémorable… quand l’hiver reviendra du sud, quand notre itinéraire recommencera à se monétiser, et dès que nos sessions par webcam avec la Prêtresse, de plus en plus régulières et rapprochées, auront reçu une bonne dose d’humour, et qu’elles s’initialiseront dans les écumes d’une époque comme le moyen-âge médiéval.