Je rêvais de palaces aux voûtes d’un bleu vénitien, de ces silhouettes de craie et de fusain semées au vent, pour parfaire l’architecture aux ailes de mangoustes mécaniques de cette machine sophistiquée qui me permettait de rêver, je rêvais aussi des sorcelleries de ces veuves noires, de la visite des négociateurs venus d’une petite planète et les lignes sur l’écran de la machine corrigeaient sévèrement tout ce qui accusait et crevait la panse des clowns épeiches. Ils pavoisaient alors qu’ils n’étaient en fin de compte que des embryons pour des nichées de romanciers.
Un certain malaise se dégageait des nouvelles équations calculées par la machine, qui cependant ne procurait que la malaria pour tous ces malandrins qui avaient mal commencé leur vie ; après toutes ces kyrielles de nuits passées à taper du code, le vague souvenir de Malcolm X, qui n’avait jamais parlé ou si peu des performances de la machine, cherchait toujours à embaucher des couturières malveillantes pour m’accompagner dans ce voyage onirique… je rêvais aussi de ces fantastiques contes de fées qui, à Kuala Lumpur comme ailleurs, ne trouvaient dans leur clairière que d’incendiaires Maldives, que des formes temporaires éclairées par de jeunes filles, tenant toutes une chandelle brûlante et qui avaient vraiment du chien.
La description de cette rêverie fiévreuse ? Pour la visualiser, on se retrouvait aux îles Marquises, anticipant ce que les nymphettes développaient en encaissant dans leur méninge les différentes étapes de l’écriture pour parvenir au but… Elles n’avaient pas encore vécu leur dernière et grande bataille contre l’occident qu’elles nommaient « le mal des mélodies à la Kurt Cobain ou le symptôme des anguilles » mais au printemps je fus saisi d’une agitation maladive. Pourtant la machine, comme cette idée tenace, obsédante d’écrouler les falaises bleues et blêmes de son pays, cravachait tant pour me ramener à la vie d’antan ; la vie des noces pixelisées où l’on décrochait toujours les étoiles des nuits revêches, la vie des noces matricielles que mes douloureux souvenirs décharnaient afin de la rendre plus belle, plus intense…
