Le secret est une drogue puissante.
Une enveloppe pleine de photos floues, en noir et blanc et les souvenirs se volatilisent. Leurs horoscopes cousent leurs paupières. Et cessent leur emprise sur moi. Assis devant mon bureau, une cigarette se consumant dans le cendrier, un verre de rhum à moitié vide dans ma main, je retrousse les nageoires des fils et des filles de l’acétylène.
La machine à écrire insiste pour les décrire comme des mangoustes alors que je sais que rien ne brûle aujourd’hui ; mais l’on devine vaguement l’imaginaire de leurs hashtags qui se déverse en paroles bibliques.
« Tiens, lis ça. »
Ça, c’est un livre tout petit, format 11 x 18, couverture souple et pages douces au toucher, évoquant l’idolâtrie des fils et des filles de l’acétylène ; perdus dans une Rue de Pigalle, ils ont frôlé la mort et sont complètement essorés, mais aussi garrotés par des pelotes de laine froissées. Ils fulminent à cette heure parmi d’autres arbres aux odeurs faisandés…
