C’était avant le lever du soleil ; clémentes étaient les Bêtes Noires, mystique était notre rédemption, cinématographiques et bien cachés étaient les desseins de nos vies antérieures. On craignait les Bêtes Noires, autant qu’elles nous craignaient. Mais il y avait eu une époque où elles bossaient pour nous.
C’était après le lever du soleil ; à peine croyable était notre ethnie qui s’avilissait et qui avait embrigadé les Bêtes Noires dans notre armée, évasive était la pub qu’on avait créé pour qu’elles se joignent à nous, et légendaire était cet ordinateur qu’on avait utilisé pour monter cette propagande. Ne me demandez pas pourquoi mais ses équations improvisaient de charmantes révolutions en nous fichant tous comme d’horribles combattants.
C’était enfin au crépuscule que notre machine sophistiquée repérait les resquilleurs ; des resquilleurs pour les subordonner au joug des Bêtes Noires, quand la poussière des déserts décampait hors de nos yourtes, ou quand elle se confondait avec la sciure des copeaux de bois tombant des carcasses de nos vans.
