Poésie surréaliste NotesMat15

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Pour faire du gringue aux comptoirs

Avec les grigris libidineux des grands chemins je coupellais des mélodies dont la jonction se composait de black insects, une chanson avec un rythme lancinant, déchirant. J’avais longtemps rêvassé, m’étais inspiré des forêts denses, des stèles de marbre rose, de cette minéralogie du style nouvelle vague, mais douteuse cependant !

En regardant des mollusques chocotter les reliques des repas de notre suite, elle mobilisait toute sa concentration pour ne pas perdre une seule miette. Une attention que les jonques bleues passant au-dessous de nos fenêtres auraient bien jalousée. Ça ferait bien un sujet pour un récit d’inspiration bouddhiste que même un conteur d’Extrême-Orient aurait l’audace d’oublier, lui dis-je avant de choisir un film hollywoodien en pianotant sur mon Tamagotchi, pourtant hors d’usage.

Elle me demanda alors d’approvisionner en feuilles de ginkgos écarlates les jauges de sa machine, elle-aussi ayant rendu l’âme. Une bestiole virtuelle vivait à l’intérieur. Elle billebaudait les notes comiques du piano jouant tout seul dans notre chambre d’hôtel. Ainsi pour essayer une berceuse, il lui manquait des signes graphiques dans sa notation musicale, ce qui généra un duel avec la bête noire. 

Dehors on entendait jacasser en mandarin ; et sur notre comptoir d’ivoire l’omniprésence d’alcool débraillé et débraillant prouvait qu’on n’arriverait pas à chorégraphier comme il se doit Black Insects… Une journée foutue, bousillée !