Poésie surréaliste NotesMat15

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Les Hérétiques

Un sévère et iconique iguanodon en guise d’emblème, un spectral et abyssal vide que les icebergs font clapoter en attendant d’autres possibilités, ou une drogue comme l’opium pour déambuler parmi les videurs alors que tout est douleur ; même le macadam est douleur, sans compter la primitive réponse de l’univers, et tout au fond de l’eau qui croupit, se mêlent des corps enchevêtrés qui ne veulent rien savoir. Débarquant en pleine nuit, en une longue file d’attente qui grandit à vue d’œil.
Pour qu’elle casse enfin les lois de ces galaxies qui clignotent au loin, il faudrait (déjà) apprécier le silence, et pour qu’elle cicatrice les mains palmés des mutants qui la composent on devrait (aussi) exprimer un sentiment d’oppression, mais c’est chose faite étant donné qu’Ils ont préparé bien avant en amont de vagues Nuits de cristal… pour sévir et répandre comme un plat infect des odeurs de lycées de redressement ; car il n’y a que des durs parmi eux, que des cinglés montrant maintenant des signes de dangereux énervement. La venue du crépuscule risque d’être longue à attendre.

Afin d’opprimer un peu plus et de les étouffer avec leurs énormes bras musculeux, ils ont choisi comme victimes les saints paysans des lieux incultes, ces gens qui ne savent que cultiver des figuiers de barbarie ; et la barbarie, par notre manque de patience/sagesse, n’est qu’un point de départ pour eux, ils ont rapidement enchaîné en violant toutes les femmes fatales, ont même promptement vandalisé, des lustres avant leur menaces kantiennes, les ruines d’anciens chapiteaux où les fées avaient l’habitude de nicher : tant de violences et de nuisances pour si peu mourir d’envie de percer les nuées aujourd’hui devenues translucides par leur exhalaisons… ce soir les névropathes ont mis du maquillage dégoulinant jusqu’aux seins sur le visage des nymphettes qui voulaient seulement monter en haut des crêtes.

Dorénavant le sol sera jonché de copeaux de bois, et quand la troisième guerre mondiale éclatera, quand nous perdrons patience face aux orateurs dont la vacuité n’est qu’une mortification supplémentaire, Ils seront là. Leurs cadavres rampant au milieu des nombreux faisceaux que forment nos lampes de poche. Je vois, dans cette noirceur maussade qui commence dès l’aube et dure toute la journée, la raison des tourments qu’ils infligent et lorsqu’ils gravissent la sauvage Baume des Bocs avec leur faune gavée par leurs nurses démentes, le mystère s’épaissit alors. Comme ce brouillard qui les cache de notre centaine de guerriers ondoyants et n’attend qu’une seule chose pour échapper à leurs sortilèges, pourtant évanescents.