Poésie surréaliste NotesMat15

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666.667. encore un jour se lève.

Ou les meurtres de l’éventreur de Gainesville

L’élégance, la science, la violence ! Arthur Rimbaud.

Le secret est une drogue puissante. Danny Rolling en détient seul le secret… et sa folie meurtrière le prouve et atteste selon lui qu’on ne peut pas lui coller une étiquette : tueur en série, psychopathe crevant la panse des passants qui malheureusement ont croisé sa route, névropathe nageant dans les bains de sang ; ce sang que les nains réclament parfois et qui macule ses mains quand il place dans des mises en scène sordides ses victimes. La panique s’empare alors du campus, les étudiants passent leurs nuits en groupes barricadés, certains changent d’université…

Notre périple commençait en somme de manière tout à fait factice ; c’était moyennement bon signe. Le froid mordant ne nous lâchait plus. Nous étions au cœur d’une ville tentaculaire, la cité de Zion et ses ruelles perpendiculaires accueillaient les diverses flambées en toute impunité mais aussi pour se réchauffer un peu pendant toutes ces longues nuits d’hiver dehors ; notre prose s’inspirait du livre de Tristan Garcia, 7, de La Ruche et de la Rouge ainsi que des références à Lovecraft mais la plupart du temps elle nous servait qu’à aguicher le client. Nos pauvres clients qui finissaient par cramer sur la paille enflammée.
Pour rejoindre les autres assassins j’avais pris un train avec une transition à Mons et je n’étais plus jamais revenu chez moi, j’avais trop à faire et j’aimais voir fondre la graisse des jeunes hommes idéalistes sur les bûchers… des bûchers montés à l’occasion du sacre de notre roi, le dandy androgyne un peu cynique, un peu romantique, Danny Rolling… Il s’était jadis séparé de sa tendre âme sœur un soir de requiem quand il n’était qu’un vulgaire manutentionnaire dans une multinationale et pensait toujours à elle lorsque les catéchumènes se préparaient à agoniser, sa lame de boucher au niveau du cou pour bien faire gicler l’aorte. Certes son savoir-vivre et son savoir-faire étaient discutables mais nous étions quand même conquis par le souverain des vauriens…
Aujourd’hui, nous pouvons dire que la vengeance, réintroduite au goût du jour par notre présence fantomatique traversant furtivement les avenues d’une légendaire nation, est un plat qui se mange… bien chaud !
Sous les braises ardentes et là où sommeillent nos pensées de barricades nous avons enfouis le doute éprouvant, déjoué grâce aux nombreux médias dont vous êtes pourtant si fier les plans pour mettre fin à l’émeute. Est-ce qu’elle se terminera à cette époque troublée dans les poches des financiers comme cela a toujours été le cas ? Avons-nous fait tout ça pour presque rien, pour quelques larcins presque invisibles et n’épargner que les gens pas assez prudents ? L’histoire ne le dit pas, mais dans les villes blafardes, le fantôme de Danny Rolling ne se doute pas encore du pouvoir des consommateurs fixant avec incrédulité les panneaux publicitaires de cette fin de septembre 1990.

Je regarde les réseaux sociaux encore actifs sur un smartphone volé et mon index se plie sur l’écran d’accueil pour localiser les bonnes raclées à venir. Et qui ne semblent rien en comparaison à ces meurtres orchestrés par Rolling ne laissant aucun survivant… des tronçons de corps qu’on peut voir encore sur l’écran.

Ghostface : Il ne faut jamais demandé qui est là. Toi qui aimes les films d’horreur tu devrais savoir que ça porte malheur.


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Sidney : Dans ce cas, dites-moi qui vous êtes.
Ghostface : La vraie question n’est pas « Qui je suis ? » mais « Où je suis ? »