La statue du colosse souffrait d’un léger strabisme, les nymphettes d’un chat-room ne pouvaient suivre qu’à la télé la météo annonçant un moutonnement noir dans le ciel, et, sur leur écran, leur vie antérieure dérivait : un long travelling que les incendies dissociaient de leurs invraisemblables révoltes…
Elles avaient de la suite dans les idées, et rapidement elles étaient même arrivées à délivrer un message injurieux à l’humanité.
Des voyageurs prirent le majestueux escalier menant à leur temple, ce qui vint troubler ce calme paresseux qu’une guerre bien noire avait laissé après son passage ; leurs légendes à la Modigliani dénigraient leurs abîmes hallucinés, et il n’y avait pas que leurs abîmes qui hallucinaient… bien avant les couleurs du printemps, même la statue du colosse voyait des aubes donnant naissance à d’autres royaumes, mais elles veillèrent toute la nuit pour lui prodiguer des soins et finalement après son rétablissement le colosse n’eut pas d’autres visions psychédéliques et revint à l’état de gargouille… à présent je sentais que son ombre bougeait pour faire des vagues sur le crépis jaune, et la rêverie pouvait alors commencer, avec ses danses obscènes !
